
Chanson originale de la pièce Happy Dogs.
Paroles et musique : Jean-Pierre Martinez
Cette chanson peut être utilisée, sans obligation, dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande auprès de l’auteur et sans supplément de droits. Le fichier audio est disponible sur demande, après obtention préalable de l’autorisation de la SACD pour l’utilisation du texte de la pièce.
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Ecouter Happy Dogs
Les paroles de Happy Dogs
Il fait un froid
À ne pas laisser un chien dehors
Et pourtant
On est tous là
À attendre
Moins cinq sur le trottoir, ambiance chenil de luxe
Caniches blancs, noirs, brushing deluxe
Des manteaux pour chiens, des manteaux pour mémés
Moi j’suis là sans rien, comme un con mal sapé
Happy Dogs fermé, dix heures passées
J’pensais descendre vite fait, j’me suis fait piéger
Elle va débarquer avec une excuse bidon
“Mon bus, mon gosse, ma mère…” — paix à son âme, pardon
Mais moi j’me les gèle, solidarité canine
On fait la queue ensemble, même misère, même vitrine
Eux au toilettage, moi pour un colis
Même trottoir, même froid, même vie en sursis
Tu t’dis : qu’est-ce qu’il fout là sans chien
C’est quoi ce scénario malsain
Même le coiffeur j’y vais qu’une fois l’an
Alors là… t’imagines bien
Happy Dogs, Happy Dogs
Tout le monde attend devant la porte
Happy Dogs, Happy Dogs
Même les humains vivent en meute
Happy Dogs, Happy Dogs
On consomme, on dépose, on rapporte
Happy Dogs, Happy Dogs
Même sans laisse, on nous transporte
J’suis pas là pour draguer les mémés du quartier
J’viens chercher un colis que j’ai jamais commandé
Enfin si, mais bon… livré n’importe où
Dans un monde où tout ferme sauf les trucs chelous
Tabac, fleuriste, supérette en sursis
Arrondissent leurs fins d’mois avant l’agonie
Centre-ville fantôme, commerce sous perf
Avant de baisser l’rideau… et d’ouvrir le gaz, bref
C’est pratique, ouais… pratique à mourir
Tu commandes ta vie, tu viens la retirer
Mais quand la boutique ouvre à la bourre
Même Amazon peut pas te sauver du froid du jour
À la poste au moins… j’aurais attendu au chaud
Avec les chiens… et les humains
Même combat
Un gamin débarque, capuche, transpirant
Moins cinq dehors, mais lui dégoulinant
Clés dans les gants, serrure maltraitée
Et c’est son réveil qui aurait merdé
Toujours la faute de l’objet, jamais du bonhomme
On devrait porter plainte contre les réveils qui déconnent
Seize, dix-huit, vingt… j’sais pas trop
Quand t’es vieux, les jeunes ont tous le même chrono
Grand, un peu gros — enfin… disons massif
Visage poupin, air pas très vif
Cheveux gras, regard flou
Le genre de type qui te dit que c’est pas lui, c’est tout
Et là tu veux une description précise ?
Un truc littéraire, propre, bien balisé ?
Relis Zola
Moi j’écris comme on parle
Aujourd’hui on vérifie plus les mots
On vérifie les stats
Si tout le monde se trompe
Alors… c’est que c’est juste
Comme les mocassins à pompons
Sans chaussettes
