Embouteillage Boulevard des Allongés, la chanson

Embouteillage Boulevard des Allongés, la chanson

Chanson originale de la pièce Embouteillage Boulevard des Allongés

Paroles et musique : Jean-Pierre Martinez

Cette chanson peut être utilisée, sans obligation, dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande auprès de l’auteur et sans supplément de droits. Le fichier audio est disponible sur demande, après obtention préalable de l’autorisation de la SACD pour l’utilisation du texte de la pièce.

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Les paroles de la chanson

Dans mon village autrefois
On vivait bien tranquille ma foi
On partait quand sonnait l’heure
Rejoindre sa dernière demeure

Il est banal notre cimetière
Il n’a rien d’extraordinaire
C’est pas le cimetière du Père Lachaise
C’est pas le cimetière américain
C’est pas non plus le cimetière marin
Il n’a pas vue sur la mer
Mais on y respire le bon air

Qu’elle était verte ma vallée
Mais c’est bien dur à avaler
Hélas depuis l’année dernière
Il n’y a plus de place au cimetière

On a vendu la dernière demeure
Y’a plus de place même pour un squatter

Où est-ce qu’on va quand on est mort
Je parle pas de votre âme, ça passe encore
Je parle de la bière après la levée du corps
Cimetière complet, c’est un peu fort

Faut qu’une place se libère
Mais c’est long la mort, comment faire
Quand on est mort c’est éternel
Les concessions c’est perpétuel

Je me sens pas bien, ce matin
Je crois que c’est le début de la fin
J’ai nulle part où aller
Si jamais je meurs demain

Aux grands morts, les grands moyens
Par arrêté municipal
Le maire a pris une décision
C’est écrit dans le journal

Il est interdit de mourir
Jusqu’à nouvel ordre
Tout fauteur de désordre
Sera condamné à l’exil

Je ne vais quand même pas faire
Le cimetière buissonnier
Que celui qui n’a jamais péché
Me lance la première bière

En attendant je vais rester vivant
C’est plus prudent

Y’a plus de place au cimetière
Ni pour les croix de bois
Ni pour les croix de fer
Si je meurs j’irai pas en enfer
C’est interdit pas la loi
Je demande pas le paradis
Je veux juste rester chez moi

Dans mon village
Y’a un jardin partagé
Je me verrais bien finir
En compost dans le potager
Tous mes amis, mes potes âgés
Viendraient me voir tous les matins
Au lieu d’une fois par an à la Toussaint
Au lieu d’amener des fleurs, ils repartiraient
Avec des tomates, des courgettes et des navets

Y’a plus de place au cimetière
Même dans la fosse commune
Après tout c’est tant mieux
Faisons contre mauvaise fortune
Bon cœur, et grâce à Dieu

Vive la mort, vive la vie, vivent les potagers
Et vivent les cimetières partagés

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