Réveillon à la morgue, la chanson

Réveillon à la morgue, la chanson originale inspirée de la pièce de Jean-Pierre Martinez, disponible sur toutes les plateformes

Chanson originale de la pièce Réveillon à la morgue.

Paroles et musique : Jean-Pierre Martinez

Cette chanson peut être utilisée, sans obligation, dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande auprès de l’auteur et sans supplément de droits. Le fichier audio est disponible sur demande, après obtention préalable de l’autorisation de la SACD pour l’utilisation du texte de la pièce.

Pour toute utilisation, contactez l’auteur.

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Ecouter Réveillon à la morgue

Les paroles de la chanson

C’est pas encore le bout de la nuit
À l’Institut médico-légal
Je commence à avoir la dalle
Je n’ai rien bouffé depuis midi

Passer le réveillon à la morgue
Je vais rater la messe de minuit
J’aime bien ça moi les grandes orgues
Mais je suis de garde coincé ici

Dehors y’a du brouillard
Au moins ici on est au chaud
Je rêvasse derrière mon bureau
Faudrait que j’arrête les pétards

Le téléphone me réveille en sursaut
C’est ma mère oui allô
Elle me parle de viande froide et d’escargots
Je lui dis que j’ai ce qui faut

Un réveillon à la morgue
C’est toujours mieux qu’un repas de famille
Et puis moi les grandes orgues
Je préfère encore en enfer qu’avec une belle-mère

Au moins avec ceux qui sont là
Ça risque pas de finir en pugilat
Les cadeaux ne font plaisir
Qu’à ceux qui les donnent
Mais avant que minuit sonne
Moi j’risque pas d’mourir de rire

Et merde une panne d’électricité
Me voilà dans le charbon
C’est le compteur qu’a disjoncté
Moi aussi je pète les plombs

La lumière revient, j’crois rêver
Devant moi dans un courant d’air
Un fantôme dans un suaire
Une femme, un mystère

Elle me dit avoir oublié
Jusqu’à son propre nom
J’ose à peine lui parler
Tu parles d’une résurrection

On badine, on fait connaissance
Et si c’était mon jour de chance
Et ma mère qui voudrait me caser
Si je lui ramène un macchabée

Un réveillon à la morgue
C’est toujours mieux qu’un repas de famille
Et puis moi les grandes orgues
Je préfère encore en enfer qu’avec une belle-mère

Je m’en souviendrai de ce réveillon
C’est pas une femme, c’est une apparition
Entre Éros et Thanatos
Je tombe amoureux d’un tas d’os
Encore bien en chair, sourire charmant
Un cœur battant sous un drap blanc

Elle se remet un coup de rouge
Je m’en ressers un, aussi
Blanc sur rouge, rien ne bouge
Je crois que je lui plais aussi

La ville entière est en liesse
Elle irait bien faire un tour
Mais comment afficher son amour,
Avec un mort vivant… même en laisse

Minuit va bientôt sonner
Va-t-elle partir en fumée
Comme Cendrillon dans le cendrier
Faut vraiment que j’arrête de fumer

Minuit passé je me réveille
Mes invités du réveillon
Sont toujours là dans leur tiroir.
Je reviens de l’autre côté du miroir

Un réveillon à la morgue
C’est toujours mieux qu’un repas de famille
Et puis moi les grandes orgues
Je préfère encore en enfer qu’avec une belle-mère

Je m’en souviendrai de ce réveillon
C’était pas une femme, c’était une apparition
Entre Éros, Thanatos et un tas d’os
Je ne me suis jamais senti aussi vivant
Comme au retour d’un voyage de noces

Deux cœurs battants sous un drap blanc

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