
Chanson originale de la pièce Y a-t-il un critique dans la salle ?
Paroles et musique : Jean-Pierre Martinez
Cette chanson peut être utilisée, sans obligation, dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande auprès de l’auteur et sans supplément de droits. Le fichier audio est disponible sur demande, après obtention préalable de l’autorisation de la SACD pour l’utilisation du texte de la pièce.
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Écouter la chanson Y a-t-il un critique dans la salle ?





Les paroles de la chanson
Faire tenir tous nos rêves
Dans une malle trop petite
Et nos costumes de scène
Bien trop grands pour nos vies
Le paradis, l’enfer
Et l’envers du décor
D’une tragi-comédie
Gare de Lyon, TGV
Attention au départ
Avignon, nous voilà
Destination la gloire
Le paysage défile
On fait une italienne
En face de nous aussi
Deux filles des comédiennes
Ça y est, on voit le pont
Sur lequel on y danse
On est en Avignon
On entre dans la danse
Place des Carmes, un studio
Et la salle juste en dessous
La lumière, les bravos
Et rentrer dans nos sous
Il fait chaud même la nuit
Et la clim est en panne
Enfin c’est la Provence
On a la pêche et la banane
Ce soir c’est la première
On distribue des tracts
J’ai oublié la crème solaire
J’ai déjà un peu le trac
La parade est en vue
On cherche les spectateurs
Y’a plein de monde dans la rue
Mais surtout des acteurs
Avignon, quitte ou double
Y’a pas de place pour le doute
Remplir la salle coûte que coûte
On prend tout même les roubles
Avignon, marche ou rêve
Trois semaines c’est long, c’est court
C’est la guerre, y’a pas de trêve
Y’a pas de sortie de secours
Première scène, premier bide
Une salle à moitié vide
Un payant, deux invits
Une blogueuse en transit
Dans la nuit le mistral
A balayé nos affiches
Ça fait rien, on s’en fiche
On fait le festival
Un article dans le journal
Ça nous remonterait le moral
Mais pour être dans la presse
Faut un attaché de presse
Tracter comme des malades
Huit ou dix heures par jour
Au début c’est marrant
À la fin c’est relou
Quarante degrés à l’ombre
Mais de l’ombre y’en a pas
Je m’arrête au bistro
Même l’eau du robinet
Le verre c’est un euro
Et les toilettes sont réservées à la clientèle
Moi qui pensais que si y’avait tant de clients
c’était un peu grâce à nous
On se prend pas pour des stars
mais on nous prend vraiment pour des guignols
À l’épicerie arabe, au moins
Le patron fait dix pour cent
pour tous les intermittents
Avignon, on y croit
Un peu de monde aujourd’hui
Une promo d’enfer
Une place offerte
Et la deuxième gratuite
Enfin c’est surtout la famille, les amis
Venus pour nous voir exprès de Paris
Ça y est, une première critique
C’est sur un blog gratuit mais bon
Si la critique est bonne
Le titre est prometteur
ça commence par
Ils n’ont vraiment peur de rien
Du coup j’ai peur de lire la suite
La propriété, c’est le vol
Avignon aussi
Ou alors c’est pas de bol
On venait brûler les planches
Si on se brûlait les ailes
Avignon, c’est fini
On était venus avec nos illusions
On y a laissé notre pognon
Et si c’était à refaire
Au moins, on repart avec nos rêves
À l’année prochaine !
